Joan Laporta, l’ex-président omniprésent

Il n’y a pas une journée sans un encadré consacré à Joan Laporta dans les journaux. L’ex-président azulgrana parle beaucoup de politique, mais pas seulement…L’Aula Magna de la faculté d’économie de Barcelone était presque trop petit pour accueillir ce jeudi midi tous les étudiants venus voir et écouter Joan Laporta. Entre les nombreux partisans venus soutenir le candidat de SCI (Solidaritat Catalana per la Independència), s’étaient glissés opposants et curieux, attendant respectivement la séance de questions-réponses pour l’interroger en castillan et sa sortie pour faire crépiter les flashs de leurs iphone et blackberry. Entre autographes, questions personnelles, photos et drapeaux nationalistes à signer, l’ex-président du Barça a mis une bonne vingtaine de minutes à rejoindre sa voiture.Laporta garde donc des fans. Il faut dire que son discours est bien rodé. Sans notes, l’indépendantiste barcelonais récite ses idées de toujours, assis au milieu d’une estrade décorée de deux drapeaux catalans. Il faudra attendre le milieu du discours pour l’entendre parler, sous forme d’une brève boutade, de son passage au FC Barcelone. Comment celui qui a « durement construit le plus catalan et le meilleur Barça de l’Histoire » ne pourrait-il pas mener à bien l’action politique qui est la sienne ? L’argument vaut ce qu’il vaut, mais l’audience apprécie et applaudi.Il faut avouer que le mélange entre la politique et son passage à la présidence du Barça est devenu inévitable depuis que la dernière assemblée de socios a voté la poursuite en justice de l’ancienne équipe dirigeante pour des présumées pertes économiques lors des derniers comptes annuels. Depuis ce jour, il n’y a presque pas un matin sans un commentaire de l’ex-président Blaugrana dans la presse. En pleine campagne, Laporta doit gérer deux actualités qui, au final, s’entremêlent. Car lors de ses meetings politiques, tout le monde attend la petite phrase qui fera les gros titres.C’est ainsi qu’il y a deux jours, le leader de SCI avait profité du Fórum Europa Tribuna Catalunya pour se justifier des accusations relatives à sa gestion du club. « Nous n’avons jamais engagé des espions ou des détectives privés », a-t-il dit en référence à une nouvelle parue dans le magazine Interviu, affirmant que le Barça avait espionné des joueurs comme Deco ou Ronaldinho. « Tout cela est faux. Le Barça a accumulé les bénéfices les plus importants de l’histoire du club. Toutes les dépenses qui ont été faites pendant ma présidence sont parfaitement justifiées », a-t-il dit, ajoutant qu’il n’hésiterait pas à aller en justice le moment venu pour défendre ses intérêts.Hier, un événement fortuit a encore alimenté la presse. En pleine rue, alors qu’il donnait une interview au quotidien Avui, il s’est « accidentellement » entrechoqué avec Toni Freixa, actuel membre de l’équipe de Sandro Rosell et opposant de Laporta. Réel hasard ou choc volontaire provoqué par l’un des deux ? Il n’y a pas de quoi fouetter un chat, mais dans le contexte actuel, tout prend une proportion démentielle. Dès hier, la vidéo circulait sur Internet et, ce matin, tous les journaux faisaient leurs pronostiques quant au responsable du choc.La guerre des clans ne semble donc pas sur le point de s’achever. « Beaucoup de haine et d’esprit de vengeance se sont accumulés dans le chef des dirigeants actuels du club. Nous n’avons que la voie judiciaire pour défendre notre honneur et la bonne gestion que nous avons réalisée à la tête du Barça », avait déclaré Laporta mardi dernier. Les temps risquent d’être durs pour l’ex-président Blaugrana. La bataille contre Rosell et ses hommes prévoit d’être longue. Quant à la politique, son parti ne devrait pas réaliser un très grand score lors des prochaines élections. Mais ça, c’est pas plus mal…

écrit par FC-Barcelone.com

Commentaires