Joan Laporta condamné pour « mauvaise » gestion !

Arrivé en 2003 dans un club au bord du gouffre économique et sportif, Joan Laporta a redressé le navire en quelques mois. A tel point que, sous son impulsion, le Barça est devenu le meilleur club de football au monde. Hallucinant, le voilà aujourd’hui condamné par la justice pour… mauvaise gestion !

Nouvel épisode, hier, dans le conflit qui oppose Sandro Rosell, le président du FC Barcelone, et son prédécesseur, Joan Laporta. Mardi, le tribunal a décidé de confirmer la condamnation de l’ex-président catalan et de sept autres dirigeants pour mauvaise gestion.

Élu en 2003 suite à la démission de Joan Gaspart, à une période de transition sous la houlette d’Enric Reyna (février-mai) et à une direction d’intérim (mai-juin), Joan Laporta s’est retrouvé aux commandes d’un club au bord de la catastrophe. Ce qui est aujourd’hui demandé à l’ex-président et son équipe, c’est de couvrir les pertes de la saison 2002-2003. Élu en juin 2003, le tribunal estime que les derniers jours de ce mois équivalent à une saison complète.

C’est un socio, Viçenc Pla, qui a porté l’affaire en justice. Il considère que les pertes générées pendant la saison 2002-2003 (63,8 millions d’euros) sont de la responsabilité de Joan Laporta, dont le mandat pour cette saison n’a été que de… 8 jours ! Joan Laporta et sept autres dirigeants (Alfons Godall, Jaume Ferrer, Alfonso Castro, Joan Boix, Josep Cubells, Rafael Yuste et Albert Perrín) ont donc été condamnés en dernière instance après le rejet de leur pourvoi en cassation. « Le Tribunal Suprême a décidé de rejeter le pourvoi en cassation de l’ancien président du FC Barcelone Joan Laporta et une partie de son ancienne direction, confirmant ainsi la décision de l’Audience provinciale de Barcelone qui les avait condamnés en son temps à compenser par une garantie bancaire une partie des pertes du club de la saison 2002-2003, qui peuvent être attribuées à leur gestion », a expliqué le Tribunal dans un communiqué. « On ne peut pas revenir sur le fait qu’une partie des pertes de l’exercice 2002-2003 (63,831 millions d’euros sur un total de 164 millions) sont imputables aux décisions de restructuration adoptées par M. Laporta et sa direction de l’époque, comme l’avait déjà estimé l’Audience nationale ». C’est aujourd’hui au socio ou au club de demander le dépôt de cette garantie, 23,2 millions d’euros, soit 2,9 millions par personne.

En conflit depuis plusieurs années, Joan Laporta et Sandro Rosell poursuivent donc leur guerre. Il est même fort probable que l’actuelle direction soit le catalyseur de la demande en justice du socio Vicenç Pla. Interrogé par un journaliste de la Cadena Ser, Toni Freixa, l’actuel porte-parole du club, n’a d’ailleurs pas pu nier, hier en conférence de presse, qu’il avait déjà maintenu des contacts avec ce socio.

Cette situation est d’autant plus hallucinante que, à l’époque, Sandro Rosell était le vice-président du club et prenait donc part à toutes les décisions de l’équipe dirigeante. Josep Bartomeu, actuel vice-président, était également dans le conseil d’administration et Toni Freixa, en tant qu’assesseur, était présent à toutes les réunions importantes du club.

Logiquement, sur son compter twitter, Joan Laporta a partagé son ressenti. Il a qualifié l’attitude de Sandro Rosell de honteuse et se sent victime d’une injustice absolue.

Ce feuilleton judiciaire risque de durer encore très longtemps. En effet, en octobre 2010, les « socios compromisarios » ont voté en faveur d’une action en justice contre la direction de Joan Laporta lors d’une séance durant laquelle il n’a pas pu défendre ses comptes. En bon avocat, Joan Laporta a attaqué cette assemblée générale de socios, estimant que l’on avait porté atteinte à son droit, en tant qu’ex-président, de donner des explications sur les comptes avant le vote. Tant que cette affaire n’est pas bouclée, le FC Barcelone et son président Sandro Rosell ne sont pas en mesure d’entreprendre une action en justice contre l’ex-président.

S’il se présentait, nous pourrions donc arriver à une situation aussi invraisemblable que probable où Joan Laporta serait réélu président au terme du mandat de Sandro Rosell ! Il ne fait donc nul doute que la querelle judiciaire devrait encore durer quelques… années !

écrit par FC-Barcelone.com

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